Composter : un geste simple pour valoriser ses déchets verts et enrichir la terre
Transformer ses déchets de cuisine et du jardin en un amendement naturel plein de vie : c’est tout l’art du compostage, une pratique aussi ancienne qu’efficace, remise au goût du jour par l’engouement pour le jardinage écoresponsable. Mais comment bien s’y prendre ? Par où commencer, que mettre, que bannir et comment accélérer la décomposition ? Suivez nos conseils pratiques pour bien démarrer le compost chez vous, même avec peu d’espace.
Pourquoi composter ? Les (très) bonnes raisons d’adopter ce réflexe
Composter, c’est d’abord réduire considérablement la part de déchets envoyés à l’incinération ou à la décharge : les biodéchets représentent jusqu’à 1/3 du contenu de nos poubelles ! En les valorisant localement, on limite le surplus de CO2 généré par le transport et incinération.
Mais c’est aussi récupérer une matière organique précieuse pour le potager et toutes les plantes du jardin. Le compost, riche en nutriments, améliore la structure du sol, retient l’eau, nourrit la biodiversité souterraine et dynamise la croissance des plantations, sans recours à des engrais chimiques.
Enfin, composter, c’est s’inscrire dans un cercle vertueux, idéal pour sensibiliser petits et grands au cycle du vivant et faire du jardin un écosystème plus autonome.
Le cycle du compost : un processus naturel en 4 étapes
- La dégradation : dès la mise en tas, les micro-organismes (bactéries, champignons) se mettent à l’œuvre pour décomposer les matières organiques.
- L’élévation de la température : le tas chauffe jusqu’à 60°C, détruisant les germes de maladies et les graines indésirables.
- La maturation : la température baisse, les vers et petits insectes prennent le relais pour fragmenter la matière restante.
- L’humus stabilisé : le compost mûr, brun, léger et odorant comme un sous-bois, est prêt à être utilisé.
Choisir sa méthode : en tas, en bac, en silo ou en lombricomposteur
La technique dépendra de la place disponible, du volume de déchets et du temps que vous pouvez y consacrer.
- Le tas (en pleine terre ou sur palette) : adapté aux grands jardins et gros apports (tontes, branchages). Facile, mais moins esthétique et plus long à mûrir.
- Le bac à compost : en plastique ou en bois, il structure le compostage, limite la dispersion et accélère la décomposition par l’effet d’amas.
- Le silo : assemblage de palettes, grillage ou planches, il permet d'accueillir un volume conséquent tout en laissant respirer le tas.
- Le lombricomposteur : pour le balcon ou la vie citadine, il transforme rapidement les épluchures via l’action de vers de compost (Eisenia).
Astuce : choisissez un emplacement à l’ombre ou mi-ombre, à même le sol pour favoriser la migration des vers, loin des arbres pour éviter leurs racines.
Que peut-on composter ? Le tri sélectif version compost
Les matières à privilégier : équilibre "bruns" et "verts"
- Déchets verts (azotés, humides) : épluchures de légumes et de fruits, marc de café, sachets de thé, tontes de pelouse (en petite quantité), fleurs fanées…
- Déchets bruns (carbonés, secs) : feuilles mortes, brindilles, paille, copeaux, cartons bruns déchirés, essuie-tout non traité…
Le secret : alterner ces familles pour équilibrer l’humidité et la structure, favorisant une bonne activité microbienne. La règle d’or : 2/3 de matières brunes pour 1/3 de matières vertes.
Les matières à éviter voire éliminer !
- Viandes, poissons, produits laitiers : attirent les animaux et fermentent mal.
- Huiles, graisses : ralentissent le compostage, colmatent le tas.
- Plantes malades ou traitées : risques de contamination du compost.
- Désemballage industriel, sacs "biodégradables" non certifiés compost.
- Grandes quantités d’agrumes, de pelures d’oignon ou d’ail.
Les gestes-clés pour un compost réussi
- Découper en petits morceaux : plus la taille est fine, plus la décomposition est rapide.
- Mélanger régulièrement : brasser tous les 15 jours à 1 mois pour aérer et éviter la fermentation anaérobie source de mauvaises odeurs.
- Maintenir l’humidité : le compost doit être moelleux (ni détrempé, ni sec). Pensez à couvrir par temps de pluie ou sécheresse.
- Varier les apports : un bon compost associe diversité et alternance de couches fines.
- Surveiller les indicateurs : une mauvaise odeur (œuf pourri, ammoniac), trop de moucherons : le compost manque de "brun" ou est trop tassé / humide.
Astuce gazonfacile.fr : installez un petit seau dédié à la cuisine et un "seuil d’entrée" (couche de carton ou feuilles sèches) pour chaque nouvel apport.
Accélérer et réussir son compost dès la première saison
- Activez avec un peu de compost mûr ou de terre du jardin lors du lancement : cela apporte de la vie microbienne et "ensemence" le tas.
- Alternez couches fines : quelques centimètres de verts, puis de bruns, pour éviter le tassement.
- Ajoutez du broyat (résidus de tailles, branches broyées) pour structurer, surtout à l’automne et au printemps.
- Retournez le tas partiellement tous les 2 à 3 mois : cela "relance" la décomposition en réoxygénant.
- N’hésitez pas à arroser légèrement les apports secs si le temps est très chaud ou venteux.
Focus : les activateurs de compost « maison »
- Broyat de feuilles, résidus de la tonte, marc de café.
- Ortiel ou consoude hâchés, riches en azote.
- Poudres de roche ou lave pour renforcer les minéraux (en petite quantité).
Quand et comment utiliser le compost au jardin ?
Le compost est "mûr" au bout de 6 à 12 mois selon les conditions. Il doit avoir l’aspect d’un terreau noir, homogène, avec une bonne odeur de forêt.
Utilisez-le :
- En paillage de printemps ou d’automne au pied des légumes, arbres, massifs : griffez légèrement pour l’incorporer à la terre.
- En amendement du sol avant plantation ou semis : apportez 2 à 5 kg/m² selon la richesse initiale.
- En mélange avec la terre pour les plantations de fleurs ou d’arbustes.
Et si je n’ai qu’un balcon ? Mini-composteurs et solutions urbaines
- Lombricomposteur : compact et sans odeur, il permet de recycler l’essentiel des déchets de table même en intérieur.
- Bokashi : système de fermentation en seau hermétique, idéal pour les petits espaces et pour valoriser rapidement les épluchures. À mélanger à de la terre pour terminer la décomposition.
- Compost partagé : de nombreuses communes proposent aujourd’hui des points de collecte ou bacs collectifs en pied d’immeuble, ouverts à tous les habitants.
Retour d’expériences : jardiniers, débutants ou chevronnés
« Je croyais que le compost ça sentait mauvais et qu’il fallait un grand jardin… Finalement, mon bac sur la terrasse tourne depuis 1 an, et j’ai déjà de quoi booster mon carré potager. La clé : ne pas hésiter à mettre des feuilles sèches et bien mélanger ! » — Lucie, jardinière urbaine (Lille)
« Je recouvre systématiquement chaque apport de pelouse ou légumes avec un peu de broyat de branches. Résultat : pas d’odeur, pas de mouches, et un compost bien aéré dès le printemps. » — Dominique, jardin familial (Nièvre)
Les pièges fréquents à éviter
- Ne jamais laisser un compost trop humide ou uniquement à base d’épluchures : ajoutez du brun !
- Bannissez l’ajout massif de tontes fraîches, qui fermentent vite : laissez-les sécher d’abord ou alternez !
- N’enterrez pas le compost pour éviter le manque d’oxygène.
- Ne laissez pas le compost en plein soleil : il risque le dessèchement.
Ressources pratiques et outils à télécharger sur gazonfacile.fr
- Fiche “Que mettre dans mon compost ?” (PDF à afficher dans la cuisine ou près du composteur)
- Schéma de montage facile d’un bac à compost en palettes recyclées
- Calendrier des gestes clés mois par mois pour suivre l’évolution de votre tas
- Forum d’entraide et rubriques “retours d’expériences” pour échanger conseils, tests et astuces
En conclusion : Osez franchir le pas, le compostage est (vraiment) à la portée de tous
Que vous disposiez d’un grand terrain, d’un bout de pelouse ou d’un simple balcon, le compostage s’insère naturellement dans tous les espaces-jardins. Il suffit de quelques gestes simples, d’un minimum d’observation et de la volonté d’expérimenter. Rendez au sol ce qu’il vous a offert, valorisez vos restes, et redécouvrez le plaisir d’un jardin nourri par la terre… pour la terre !
Pour aller plus loin, retrouvez nos guides, schémas détaillés, comparatifs de bacs et témoignages de la communauté sur gazonfacile.fr : partageons ensemble le plaisir de jardiner utile et écologique.